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Le témoignage de Lucy

Lorsque j'étais toute petite ma mère disait de moi que j'étais timide, réservée et nerveuse. Je ne connaissais même pas encore la signification de ces mots. Ces étiquettes ont collé sur moi beaucoup trop longtemps. Je sentais que je devais répondre au rôle qu'on m'avait donné. Mes parents étant tous les 2 des personnes très angoissées, et, étant l'aînée, je crois avoir gobé un peu trop de leurs maladresses.

Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu de l'insomnie, mais enfin plus maintenant :-) Mes paniques ont commencé à s'installer sournoisement vers l'âge de 13 ans. À 15 ans, à l'école, souvent je devais sortir de la classe car je croyais que j'allais m'évanouir. Et lorsque je longeais les corridors je devenais toute étourdie. Lorsque des gens me parlaient ou que je devais faire un exposé oral, je ne savais plus où regarder, je tremblais, je devenais parfois toute rouge et parfois tellement blême.

J'étais vraiment "pognée". J'ai même dû manquer l'école durant 1 semaine. Je croyais avoir le cancer. Puis, après avoir passé des tests qui m'ont presque convaincue que j'étais en bonne santé. J'ai repris des forces et je suis retournée à l'école... Ça allait de mieux en mieux. Je me suis mise à faire du sport et, malgré mes angoisses toujours présentes mais diminuées, ma volonté de vivre et mes ambitions faisaient que je continuais à vivre presque normalement.

Puis, à 18 ans, lorsque mon premier amoureux m'a quittée, mes angoisses ont augmenté considérablement. Elles se présentaient sous forme de diarrhée, hé oui ! Partout ou j'allais, je vérifiais s'il y avait une salle de bain accessible. J'allais à ce moment-là au CEGEP et le cours que je voulais se donnait seulement à Montréal. J'ai donc été vivre dans cette grande ville que j'ai adorée malgré le côté stressant. J'étais de plus en plus agoraphobe et phobique sociale, mais je réussissais quand même à faire ce que je voulais, enfin le principal. J'allais à l'école et je sortais dans les discothèques et, de temps en temps, j'allais passer des week-ends chez mes parents pour me reposer. Puis étrangement, selon mes amours qui allaient bien ou pas, j'étais proportionnellement agoraphobe. À ce moment-là, je croyais que j'étais un peu folle.

À 21 ans, j'ai quitté l'école et j'ai été travailler dans une discothèque... depuis ce temps, adieu phobie sociale :-). Je me suis rendu compte que je n'avais aucune raison d'avoir peur des gens et aussi aucune raison que les gens me trouvent conne. Et toujours, selon mes histoires d'amour, d'ailleurs très nombreuses à ce moment-là, mon agoraphobie était plus ou moins importante, selon que ça allait bien ou pas en amour.

Puis, à un moment donné où ça n'allait vraiment pas, j'étais même très malheureuse et désespérée, j'ai rencontré un homme assez impressionnant. Je tenais à lui beaucoup et j'ai tout fait pour être bien dans ma peau afin qu'il continue à s'intéresser à moi. J'ai lu un livre sur les troubles psychologiques au quotidien et enfin j'ai découvert ce que j'avais... l'agoraphobie. Je me reconnaissais tellement, j'étais tellement contente, surtout de voir que ce n'était pas grave et que ça se traitait. J'ai alors suivi une thérapie qui consistait à débloquer toutes mes émotions du passé. Je parlais de tout ce qui me faisait le plus peur, je parlais de mes sensations bizarres et de mes émotions. Parce que je suis du genre à refouler, j'entasse et à un moment donné tout devient confus. J'ai trouvé ça difficile, mais tellement libérateur. Suite à ça j'ai été guérie de mes angoisses excessives et j'ai été heureuse, ayant une vie normale durant 7 ans. J'ai même eu une enfant, moi qui croyais que jamais j'en aurais à cause de mes angoisses. J'ai aussi suivi un cours de haute couture et lancé une ligne de vêtements. Mes vêtements avaient du succès, un bel avenir se dessinait devant moi. J'étais heureuse et passionnée. Je croyais que je ne retomberais jamais dans l'agoraphobie, je me trouvais même très forte. Je croyais être désormais immunisée et connaître tous les trucs pour ne plus retomber là-dedans... mais, tout s'est mis à aller mal dans ma vie.

Mon bébé avait une allergie aux protéines bovines. Elle avait des coliques presque 24 h sur 24. Elle combattait son sommeil. Elle s'endormait toujours aux petites heures du matin. Je me souviens une fois l'avoir promenée dans mes bras jusqu'à 8 heures du matin. J'allais d'un pédiatre à l'autre pour me faire dire que c'était normal qu'un bébé pleure... puis enfin il y en a une qui a trouvé ce qu'elle avait. Mais pour moi il était déjà trop tard, j'étais plus qu'épuisée. J'étais super stressée, je n'arrivais même plus à dormir. Parfois mes muscles se mettaient à bouger partout dans mon dos comme si j'avais un chat enragé coincé en dedans. Et ma fille continuait quand même à se réveiller plusieurs fois par nuit, durant des années... Évidemment j'ai dû cesser de travailler. J'ai été 2 ans à ne plus être capable de m'asseoir devant ma machine à coudre. Aussitôt devant, j'avais des sueurs, je me sentais épuisée et j'étais étourdie. Durant cette période, moi et mon copain que j'adorais, nous nous sommes séparé. Trop de stress, on a pas été capable de passer l'épreuve ensembles. J'ai trouvé ça très très difficile. Mon idéal de famille venait de tomber à l'eau. Je n'acceptais pas ma situation. Je suis revenue dans la ville où j'ai été élevée, près de ma famille. Mais j'étais maintenant aux prises avec une dépression nerveuse. J'avais quelques petites crises de panique qui commençaient, mais je n'avais pas peur, je continuais quand même, comme si rien n'était en me disant que ça partirait. Mais, à cause de ma dépression nerveuse, je manquais de plus en plus de forces. J'étais super fatiguée et angoissée. Et je devais continuer, déménager, redéménager, remplir les nombreux formulaires, aller à l'aide juridique, demander de l'aide sociale, me remeubler, tout ça avec mon bébé qui pleurait toujours la nuit et le stress grandissant car je ne voyais pas la fin de ce cauchemar. Mon ex lui était tranquillement retourné chez sa mère à se faire dorloter. Sa seule préoccupation était de se trouver une nouvelle copine. Ça me révoltait car j'avais tellement besoin de lui. J'étais enragée et tellement fatiguée... Et cette rage intérieure m'a suivie durant plusieurs années. Je n'arrivais pas à me faire une idée.

Puis, comme le malheur avait l'air d'être au rendez-vous durant ces années, j'ai rencontré un gars que je croyais gentil… Finalement il m'a violée. Je n'étais pas en état de faire quoi que ce soit, j'étais en "survie". Alors j'ai oublié tout ça et j'ai continué ma vie du mieux que j'ai pu. Et, un beau matin, alors que j'étais chez ma mère, je n'arrivais plus à bouger. Ma fatigue était tellement grande que ma pression sanguine avait baissée au point que je ne pouvais plus bouger. Un médecin est venu et il a constaté mon état de santé minable et m'a conseillé d'aller à l'hôpital. C'est vrai que j'étais maigre à faire peur. À l'hôpital, ils m'ont gardée 24 heures sous observation et ils m'ont donné le diagnostic d'une petite dépression nerveuse et d'une grande fatigue, et ils m'ont donné mon congé. Moi je voulais rester là, j'étais tellement bien, enfin je pouvais me reposer sans avoir à m'occuper de tout, même pas les repas. Ils m'ont répondu: "Ce n'est pas un hôtel ici". Lorsque je suis retournée dans mon appart, je me suis dit, il faut absolument que je trouve le moyen de me reposer. Je n'étais pas encore redevenue agoraphobe, mais c'était la prochaine étape.

Comme si j'avais décidé de devenir agoraphobe pour me permettre de me reposer. J'aurais voulu dormir durant 1 an tellement j'étais fatiguée. Lorsque je me couchais, j'avais même peur de m'endormir car je croyais que je m'arrêterais de respirer car même respirer me demandait un gros effort. Peut-être bien que mon agoraphobie m'a sauvée à ce moment-là, car enfin je réussissais à avoir un peu d'aide.

Ça fait maintenant 11 ans de tout ça. Après cette énorme chute, ça m'a pris des années à me sentir bien dans ma peau. J'ai eu à un moment donné un psychologue qui venait chez moi. Il m'a beaucoup aidée dans mes relations avec les gens, mais pas pour mon agoraphobie. Je devais guérir ma dépression avant car j'étais dans un cercle vicieux, pour guérir de l'agoraphobie, on a quand même besoin d'y consacrer beaucoup d'énergie. Et, avec ma dépression et ma grande fatigue, dès que je faisais un effort je devenais fâchée car je me disais que je devais me reposer. Alors je redevenais encore plus dépressive. Et, moins je sortais, plus j'étais agoraphobe et déprimée.

Et la vie m'était difficile. Je n'avais pas de cadeau. Même ma mère, celle dont j'aurais tellement eu envie de recevoir du réconfort n'arrivait qu'à me blesser davantage. Elle me disait des choses comme: "Retrousse-toi les manches et fonce", "il y en a qui ont bien plus d'enfants et qui réussissent" ... Je perdais l'estime de moi encore plus et le cercle vicieux recommençait. Je me suis beaucoup protégée des gens durant ces années. J'étais très vulnérable, et ce n'est que le temps et le fait d'être positive et avoir la foi d'un avenir heureux qui ont fait que je suis rendue où je suis en ce moment.

Je suis encore agoraphobe mais beaucoup moins. Et je me considère maintenant comme une personne assez heureuse. Par la force des épreuves, ma personnalité a beaucoup changé. Je me sens maintenant beaucoup mieux dans ma peau malgré l'agoraphobie. Je dors généralement bien et je n'ai pas de difficulté à communiquer. Les gens que je n'ai pas vus depuis longtemps me disent que j'ai l'air calme et heureuse, contrairement à avant où j'étais dans ma bulle et pas du tout facile d'approche car avoir une conversation avec moi était très difficile, j'étais assez fermée. Côté agoraphobie, à mon pire, je n'arrivais pas à aller à plus de 10 mètres de chez moi. Puis, graduellement, j'ai fait des efforts selon mes capacités et maintenant j'arrive à aller jusqu'à 10 minutes de chez moi en auto. J'ai lu beaucoup de livres, toujours des livres de croissance personnelle. J'en ai eu besoin beaucoup et c'est ce qui m'a tenue dans le positif car il m'en fallait peu pour que le découragement me rattrape.

Et, mon père qui est médecin et adore les médecines douces a tout essayé avec moi. Il a suivi des cours de toutes sortes, acupuncture, homéopathie, reiki, pnl, nutritions diverses ... et il me donnait des livres et des livres, j'aimais ça car a chaque fois j'apprenais des choses sur moi-même et ça me donnait de l'espoir. À chaque nouvelle méthode, j'avançais de quelques pas.

Puis à un moment donné je me suis détachée de tout ça. J'ai eu un ordinateur et je me suis dit que je me concentrerais sur mon "plaisir". Je me suis fait des nouveaux amis et j'ai commencé à prendre la vie plus "relax". J'ai repris enfin un poids normal. Ma dépression nerveuse est partie et je peux enfin mettre beaucoup plus d'énergie pour me débarrasser de mon agoraphobie. C'est alors que j'ai trouvé ce site. Probablement que j'étais prête à ça. Et, presque en même temps j'ai commencé à voir un thérapeute. Je fais des progrès de plus en plus. Autant sur ma personne que sur mon agoraphobie. Et je tiens à ce site car il est pour moi une base solide. Ici rien n'est laissé au hasard. Tout est bien expliqué et tout est logique, positif, et pas "épeurant". J'essaie de faire un effort à chaque jour et de rester positive, je me dis: "aide-toi et le ciel t'aidera".

Je continue mes lectures de croissance personnelle car j'aime ça et je fais de l'exercice car je me dis aussi "un esprit sain dans un corps sain" :-).

Tranquillement je me prépare à recommencer mon travail de designer de mode.


Jaime (Lucy)


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