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Le témoignage de Corinne

image Je m'appelle Corinne et j'ai 30 ans. J'habite en Bretagne depuis juin 2003, avant je résidais à Strasbourg. La photo ci-jointe date d'août 2005 et je suis enfin libre. Je suis donc devenue agoraphobe en août 2004. Avant cette période, l'agoraphobie n'était pas invalidante pour moi, parce que d'une part je ne savais pas que je l'étais et d'autre part quand j'avais des symptômes, je les mettais sur le compte de la fatigue et de l'anxiété.

Ainsi, pendant des années, j'avais des vertiges, la vue floue, les jambes qui tremblaient, un manque d'air surtout quand je prenais la voiture ou quand je me retrouvais dans les magasins ou dans des endroits avec beaucoup de monde. Ces symptômes n'étaient pas très souvent présents et ne duraient que quelques instants. C'est pourquoi, je ne m'en inquiétais pas et après une bonne nuit de sommeil, ces symptômes disparaissaient.

Mes premières crises de panique

En août 2003, en faisant un voyage en voiture, j'ai fait une belle crise de panique, en manquant d'air et en faisant de l'hyper ventilation. Comme c'était l'été de la canicule, je ne me suis pas posée de question, je me suis arrêtée et quelques minutes plus tard, j'ai retrouvé mon souffle.

En novembre de la même année, cette fois en prenant l'avion, j'ai fait le même type de crise que celle que j'ai vécue dans la voiture. C'est à partir de ces événements que ma descente en enfer a commencé, bien qu'elle s'est faite lentement.

Je continuais ainsi à essayer de vivre normalement, sans trop me préoccuper de ces symptômes lorsqu'ils apparaissaient. Mais ces crises se faisaient de plus en plus fréquentes. Elles se faisaient même dans mon lit où mon coeur s'emballait, m'empêchant de respirer, avec des douleurs thoraciques.

Avant de devenir complètement agoraphobe, en août 2004, il y a quelques évènements qui sont importants que je dois relater, dans le sens où suite à ces périples douloureux, tout en étant agoraphobe, j'ai développé 7 autres phobies.

Comment mes phobies sont entrées dans ma vie

Je pense tout d'abord, qu'une grande fatigue suite à mon déménagement en Bretagne et le non respect de mes limites, le profil du phobique et des informations erronées et anxiogènes m'ont amené à développer toutes ces peurs irraisonnées.

Avant de devenir complètement agoraphobe, j'ai eu une crise de panique un soir de juin 2003, avec cette sensation horrible de mourir d'une crise cardiaque. Mon coeur s'est mis à s'emballer, des douleurs atroces au coeur, avec des tremblements de tout le corps. Ayant pris quelques médicaments contre la grippe et un somnifère, j'ai paniqué d'autant plus où je me suis mise à penser « et si j'étais en train de faire une interaction médicamenteuse interdite ». De ce fait, j'ai appelé aussitôt le SAMU qui ne pas rassurée du tout, mais à fait tout le contraire. Ma panique est devenue grandissante et cette peur de mourir augmentée en flèche. J'ai pris mon courage à deux mains et j'ai appelé le médecin de garde qui m'a alors calmée en me disant « qu'en effet, le somnifère X peut parfois avoir cet effet indésirable de tremblement et de crise de tachycardie, allez vous coucher et tout se passera bien. » Depuis ce jour, les médicaments ne sont pas réellement mes amis. Cette peur s'est accentuée avec le développement de l'agoraphobie.

En août 2003, j'ai commencé à avoir une boule dans la gorge. Etant sujette à des rhino pharyngite, j'ai pris quelques médicaments pour la gorge, sans me soucier de quoi que ce soit. Mais cette boule partait lorsque je prenais mon traitement et revenait tout aussi vite. Au fur et à mesure, je me suis posée beaucoup de questions angoissantes. C'est à cette période que m'a phobie des maladies graves a commencé. J'ai ainsi décidé de voir un ORL qui n'était pas gentille et m'a dit « mais vous êtes trop stressée, votre boule est imaginaire » quel choc d'entendre ce genre de phrases... D'autant plus, qu'en juin 2003, j'avais déjà eu une mauvaise expérience des médecins en Bretagne (avec le SAMU) et dans d'autres cas, surtout quand les médecins vous regardent avec de grands yeux quand vous leur parlez de vos crises de panique. Et c'est ainsi que cette confiance dans le corps médical s'émoussait au fur et à mesure que je découvrais cette région. J'ai décidé donc de voir un autre ORL, mais dans cette région, comme il y a peu de spécialistes, les rendez-vous sont pris d'assaut et il y a de longues semaines d'attente si la secrétaire médicale juge que votre cas n'est pas urgent. Trois mois plus tard, c'est à dire en mars 2004, le médecin m'a annoncé une amygdalite aigue (inflammation des amygdales) et qu'il fallait opérer très rapidement. Entre temps, j'ai eu forcément tout le loisir de me faire des pensées négatives. Ainsi, au moindre symptôme méconnu ou bizarre de mon corps, mon cerveau se mettait en état d'alerte. Mon corps a donc subi tous les examens possibles. Malgré les analyses très correctes de chaque partie de mon corps, ma phobie était omniprésente. En effet, j'avais toujours cette angoisse qu'une erreur de diagnostic s'était glissée, car mes symptômes ne disparaissaient pas.

Puis, s'est installée cette phobie d'étouffer, puisqu'à chaque fois que j'avalais, une gêne permanente était présente dans ma gorge. Cette peur d'étouffer s'est confortée, un jour de juin 2004, quand un petit garçon du centre de loisirs où je suis responsable a déclaré une allergie alimentaire en déclarant un oedème de Quinck. Cette allergie consiste à gonfler du cou, de la gorge, du visage et à manquer d'air. J'ai appelé le SAMU qui m'a fait énormément paniquer. Etant multi allergique et en ayant cette peur d'étouffer, et surtout avec l'intégration dans mon cerveau des informations angoissantes que le SAMU m'a répertoriées sur les dangers des symptômes de cette allergie, j'ai malheureusement développé la phobie des aliments.

Cette phobie s'est agrémentée de la phobie des microbes et de tout corps étrangers sur ma peau, par peur de causer une réaction allergique et de mourir étouffée. J'utilisais ainsi toujours les mêmes produits pour laver la vaisselle ou le linge ou encore pour me laver. Par ailleurs, je mangeais également toujours les mêmes marques d'aliments.

En effet, ces pratiques m'évitaient d'être dans des situations trop paniquantes et surtout étaient rassurantes pour moi. C'est ainsi, qu'en août 2004, durant deux mois, je n'ai mangé que des BN et du lait. J'ai alors perdu 13 kg et était carencée de plusieurs vitamines. Imaginez alors mon énorme handicap, lorsqu'on m'invitait pour un repas. J'étais dans une souffrance terrible tellement ma frustration était intense. Les plaisirs simples de la vie ont été supprimés avec toutes ces peurs.

En septembre 2004, après de longs mois d'angoisse, de stress, de fatigue, et suite à tous ces combats pour vaincre mes phobies, l'agoraphobie a été invalidante et m'empêchait de sortir de chez moi.

Ma dernière phobie s'est déclarée quelques mois plus tard, en janvier 2005. Elle s'est produite lorsque j'ai ressenti en décembre 2004, un violent coup de couteau au niveau du coeur avec cette sensation d'étouffer. J'ai alors pris rendez-vous chez le cardiologue qui m'a annoncé que j'avais un souffle au coeur et qu'il fallait faire des examens complémentaires. Quelques semaines plus tard, la phobie de mourir d'une crise cardiaque en faisant un effort physique s'est installée dans ma vie.

Comme toutes ces phobies étaient reliées à la peur de mourir, la phobie de la mort était quotidienne et quasi permanente depuis Août 2004, puisqu'au moindre symptôme, mes pensées négatives me voyaient sur mon lit de la mort... Un exemple qui m'a particulièrement marquée est celui où j'avais une peur bleue de m'endormir. Effectivement, comme il m'arrivait fréquemment d'avoir des apnées nocturnes, ma hantise était de mourrir dans mon sommeil.

Ma vie alors a basculé en enfer car toutes ces phobies étaient présentes dans chaque geste et plaisir de la vie quotidienne. Quand j'essayais d'accepter de vivre avec mes phobies tout en tentant de les éradiquer une autre venait encore plus virulente que la précédente.

Mes symptômes récurrents :
  • Boule, bulles d'air et moutons dans la gorge
  • Gorge serrée
  • Souffle court
  • Hyper ventilation
  • Maux de tête affreux
  • Paralysie faciale, de la gorge et de la langue
  • Vue trouble
  • Vertiges
  • Apnée nocturne
  • Jambes en fourmies
  • Engourdissement des membres inférieurs et supérieurs
  • Jambes molles, avec cette sensation que le sol se dérobent sous mes pieds
  • Palpitations et sursaut du coeur
  • Oppression dans la cage thoracique
  • Douleurs cage thoracique
  • Tremblement du corps tout entier
  • Grosse fatigue

Ces symptômes se manifestaient sans aucune raison apparente. Ils pouvaient durer que quelques minutes, à des jours et des nuits entières et pendant plusieurs semaines. Un jour c'était l'un, puis un autre jour plusieurs étaient réunis. En règle générale, c'était assez disparate et impromptu. En effet, durant des semaines un ou l'autre symptôme disparaissait, puis certain revenait sans aucune cause.

Comment j'ai réussi à vaincre ces phobies

Je ne vais pas vous raconter les différentes phases de travail pour éradiquer mes phobies, car ce serait bien trop long, mais plutôt comment j'ai vaincu mes phobies dans leur globalité.

Pour ne rien vous cacher, pour arriver à bout de chaque phobie, un travail quotidien, un acharnement, de la motivation, de la détermination, du courage et de l'espoir ont été nécessaires !!!! mais aussi de la répétition et de l'énergie sont essentielles pour vaincre ces peurs.

Tout d'abord, je tiens à remercier le site DTA, tous les responsables, les créateurs de ce site et les personnes qui m'ont soutenue. En effet, le 19 octobre 2004, en cherchant sur Internet une explication sur mes maux, j'ai découvert ce magnifique site. Mes doutes d'être folle se sont alors estompés quand j'ai découvert que j'étais agoraphobe et phobique. Une joie intense s'est d'abord dégagée, mais aussi cette crainte de ne pas parvenir à m'en sortir. Mais les témoignages des personnes qui sont libres m'ont donné beaucoup d'espoir et de courage. De plus, quand le bout du tunnel s'assombrissait, leur témoignage me redonnait le courage et l'espoir de continuer.

À partir de cette date, un combat entre ces phobies et moi a été déclaré. J'ai ainsi lu et relu la documentation, allant même à l'imprimer pour l'accrocher au dessus de mon ordinateur. J'ai pratiqué les techniques telles que la respiration ventrale, l'arrêt des pensées négatives, les points bleus afin de me remettre dans « l'ici et maintenant » quand mes pensées vagabondaient dans l'anticipation négative. J'utilisais aussi l'auto dérision qui est un bon moyen de dédramatiser la situation et de se détendre, mais également le lâcher prise, l'acceptation de ses phobies et de ses symptômes.

J'ai, par ailleurs, établit ma récapitulation des étapes pour chaque phobie que j'avais et surtout j'ai répété mes expositions, jusqu'à ce qu'aucun symptôme et angoisse n'apparaisse. En s'exposant à ces peurs et en y faisant face, on constate que l'on est capable de réussir et que rien ne nous arrive. C'est ainsi que la confiance s'installe au fur et à mesure des expositions. Mon cahier de bord a été aussi fort utile, car d'une part, il me permet de faire aujourd'hui ce témoignage et d'autre part j'écrivais entre autre mes phrases positives et mes pensées positives que je lisais à haute voix chaque jour. Cette méthode permet de basculer les mauvaises habitudes que le cerveau avait intégré durant les longs mois d'angoisse en les changeant de manière positive et en devenant des automatismes. De même, lorsque je décidais de faire une exposition, je me disais toujours « allez au boulot, je suis capable et je vais réussir !!! ». Si par hasard, une exposition était que partiellement atteinte ou pas du tout, je me félicitais toujours, car le but est d'être fier de la démarche entreprise. En effet, une grande partie du travail consiste à positiver. En pensant positivement, on réapprend à se faire confiance. A côté de ce travail, je pratiquais très souvent des séances de sophrologie et de méditation. Ces techniques me permettaient de me détendre, de visualiser des choses agréables et de me préparer positivement à l'exposition que j'avais choisie d'entreprendre. La pratique de la sophrologie, des pensées positives, de l'auto dérision, de vivre à l'instant présent, m'aident encore beaucoup aujourd'hui quand mon cerveau d'instinct veut reprendre le dessus, ou tout simplement pour me détendre.

Il est important aussi de ne pas avancer trop vite. En effet, il faut laisser le temps au corps et au cerveau de bien intégrer nos progrès, nos pensées positives, nos efforts. Je parle en tout état de cause car j'en ai fait les frais lorsque j'ai travaillé beaucoup trop vite ma phobie des aliments. J'ai rechuté, mais pas au point de départ, puisque le travail que j'avais fourni a été toutefois utile.

C'est ainsi qu'en janvier 2005, je décide de suivre une TCC. Bien que je n'étais pratiquement plus agoraphobe, grâce à DTA, à mon travail et à certaines personnes de mon entourage qui m'ont beaucoup soutenue, mes autres phobies étaient toujours très présentes dans ma vie. Ma psychiatre m'a dit lorsque je lui ai parlé de DTA « que j'avais tous les outils et les techniques en main pour réussir, la preuve vous êtes presque guérie de l'ago ». Elle m'a donc été un guide pour m'aider à me recentrer sur mes expositions, m'a freinée dans mes ardeurs quand je voulais franchir des étapes trop rapidement. Elle m'a aussi beaucoup rassurée en m'expliquant les choses, lorsque j'avais peur de mourir de maladie, ou d'étouffement ou encore de crise cardiaque.

La TCC m'a aussi permis de casser mes rituels au niveau des aliments et des produits que j'utilisais. Elle m'a également aidée à reprendre confiance au corps médical, à mon corps et à moi-même.

Depuis janvier 2005, mon travail consistait à travailler de la même manière et avec les mêmes techniques chaque phobie. Ce travail a été long, pénible, hasardeux et douloureux, mais à force d'acharnement, de temps et de patience, cette confiance en la vie et à la liberté devenait grandissante, même si parfois l'espoir me faisait défaut et la fatigue pesante.

Après avoir vécu des hauts et des bas, le travail effectué quotidiennement et avec beaucoup d'assiduité porte ses fruits !!!!! En effet, à compter d'avril 2005, mes phobies d'étouffer, de la mort et des médicaments s'atténuaient enfin.

En mai 2005, je suis totalement guérie de l'agoraphobie. Ma dernière preuve a été de faire, en août 2005, le trajet aller-retour en voiture pendant 800 kilomètres.

En juin 2005, mes phobies des microbes, de tout corps étrangers et des maladies graves sont résolues.

En août 2005, mes phobies des aliments et de mourir d'une crise cardiaque durant les efforts physiques ne sont plus invalidantes pour moi !!!!

Pendant tout ce travail, étant phobique des médicaments, je n'ai pas eu de traitement médicamenteux.

Ma vie aujourd'hui

Malgré une anxiété modérée selon les jours et les évènements de la vie, je pense ne plus être phobique, même si quelque fois mon cerveau d'instinct ou mon corps me rappelle à l'ordre. Mais les techniques et la méditation sont parties intégrantes de ma vie. Il me reste donc à consolider tous ces acquis et ces progrès pour être totalement libre.

J'ai repris une vie normale. Je sors régulièrement sans aucun souci. Je peux enfin manger, chez des amis ou chez des membres de ma famille, leur repas. Je refais des activités sportives telle que la marche, le vélo et l'équitation sans aucun problème, en y prenant même du plaisir. Ma prochaine étape est de me remette à la natation...

Ma philosophie de la vie a complètement changé, dans le sens où je vais prêter beaucoup plus attention à mon environnement. Je vais retirer de la vie ces côtés positifs le plus souvent possible, mais aussi prendre le temps de vivre l'instant présent et de lui puiser l'énergie nécessaire pour me ressourcer. Par exemple, je serai plus attentive au bruit plaisant qui m'entoure. Je vais m'arrêter pour regarder un beau coucher du soleil ou écouter un oiseau qui chante mais aussi prendre le temps de vivre pleinement les moments que je passe avec les personnes que j'aime sans me soucier de l'instant d'après.

Je terminerai par une citation de Jacques Salomé qui a été mon maître spirituel. Ce monsieur est écrivain, psychologue et sociologue. Il a écrit beaucoup de livres autour de la recherche du bien être et du Soi.

Cette phrase est tirée de son livre « Vivre avec soi » : « Vivre au présent est un vrai cadeau à se faire : être vraiment là, entier, ouvert au moment qui surgit, au temps qui passe, à la relation dans laquelle on est engagé. Quel plaisir !!! »


Corinne


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