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Lâcher prise

On ne s'habitue pas à l'agoraphobie... on subit au quotidien; jusqu'à y perdre toute son énergie.

À force de luttes et de combats acharnés, nous pouvons parfois passer à côté du chemin le plus simple : ce fut pour moi « l'acceptation ».

Et c'est paradoxalement en « lâchant prise », en renonçant, que j'ai véritablement ressenti que l'on ne risque finalement rien : notre pire ennemie, la peur, peut être une alliée.

L'agoraphobie touche la partie la plus profonde et sans doute la plus belle de notre être : notre vulnérabilité. Et accepter cette vulnérabilité, lui laisser la parole, c'est retrouver une partie de nous-même.


chêne

Au commencement...

« L'enfer » : je pèse et sous-pèse ce mot; il pourrait sembler un peu fort à certains, mais je peux encore dire aujourd'hui (avec le recul) que je me suis senti tomber très bas... que j'ai plus d'une fois cru que jamais je ne pourrais remonter : qui d'entre nous n'a jamais pensé à se donner la mort pour s'en soulager.

Si des événements annonciateurs sont passés presque inaperçus, il n'en reste pas moins qu'avec le recul, je peux dire que tout cela a commencé il y a bien longtemps. Tout n'arrive pas du jour au lendemain sans prévenir : peut-être que seulement, nous n'avons pas su écouter (nous écouter).

Ma première crise, celle qui longtemps fut pour moi la cause de tout : une crise d'angoisse sous l'emprise du cannabis. Je n'étais pas particulièrement adepte de la pratique, mais je sais aujourd'hui que mes réactions à cette substance sont « quelque peu » plus fortes que chez le courant des mortels.

Je pense que cet événement fut source d'une peur qui resta profondément ancrée en moi : la peur de mourir ou de devenir fou. Chaque crise que je ferai plus tard sera comme l'empreinte de cette même frayeur.

Ce n'est que plus tard que je connus véritablement cet enfer auquel on donne le nom d'agoraphobie. Une crise, une autre, puis une autre; des angoisses de plus en plus fréquentes; jusqu'à épuisement; jusqu'à croire que chaque chose que nous pourrions faire serait un risque.

L'agoraphobie nous replonge dans la dépendance première : nous avons besoin d'être entouré, nous devons faire pas après pas pour retrouver l'usage de la « normalité », nous devons pour ainsi dire réapprendre ce que nous croyions acquis.

À force d'expériences...

Je ne crois pas au miracle. Je ne pense pas que sans effort nous puissions sortir du trou. Ce n'est pas que j'ai spécialement du courage (je pense d'ailleurs que non); mais il faut pouvoir se donner les moyens, quels qu'ils soient, de retrouver confiance en son corps.

Je vois comme une « dualité » : une partie de moi est morte de peur, ne peut pas faire un pas sans craindre le pire... l'autre partie voudrait redevenir normale, mettre fin à cette souffrance quotidienne.

Je mis presque un an pour trouver le terme d'agoraphobie... ou plutôt pour le faire mien. Je me souviens de m'être reconnu dans un livre (un passage pris au hasard soit dit en passant). Puis, force est de constater que ni mon médecin, ni ma thérapeute (en gestalt), n'ont vraiment cru en cela.

Mon médecin se contentait de me prescrire des médicaments; ma thérapeute pensait que les causes étaient ailleurs.

Vint ensuite Internet (pourtant je travaille tous les jours dessus). Deux sites, dont D.T.A, me convainquirent que je souffrais d'agoraphobie. Je décidais d'essayer la T.C.C. : d'une part avec un livre très bien fait « la peur d'avoir peur »), d'autre part en prenant rendez vous avec un psychiatre qui la pratiquait.

Il est presque comique de me dire aujourd'hui que le psychiatre ne fut qu'une aide mineure. Je pense qu'il ne connaissait pas trop l'agoraphobie et qu'il apprenait, en pratique cette fois, ce qu'il avait survolé durant sa courte formation à ce sujet.

Je pense lui en avoir plus appris sur le sujet qu'inversement. Mais j'ai tout de même continué mon travail avec lui : pour avoir en quelque sorte un balisage un peu plus solide; un regard extérieur.

Alors je n'ai rien trouvé de mieux que de faire petit à petit, expérience après expérience, ce que je craignais le plus. La technique des expositions me paraît indispensable. Et même si je me suis fait accompagné par divers moyens (ostéopathe, médecine douce...), je pense que rien ne vaut la confrontation avec la réalité. Et, de cette confrontation, j'ai pu peu à peu m'enrichir.

Du jour au lendemain

Je ressens encore cette sensation si forte : quelque chose vient de changer. Lors d'une expérience de « lâcher prise », que je n'attendais pas spécialement dans la vie, je me suis véritablement et intensément rendu compte que je ne risquais rien.

Tout devait être prêt en moi pour comprendre cela... il suffisait alors d'un petit pas de plus pour que mon corps puisse découvrir, pour la première fois de sa vie, cette délicieuse expérience.

J'ai pris note le soir même de cette exposition : Mes pensées étaient claires : il peut arriver n'importe quoi, je m'en fiche. Cette idée devint rapidement un défi : « attaque de panique, je t'attends d'un pied ferme. Si tu surviens, je m'assieds quelque part et j'attends que tu passes ... Dès ce moment, mon état changea radicalement. Je retournai chez moi d'un pas lent, savourant la promenade, sifflotant et empli d'un sentiment intense de bonheur. La tension était présente, mais le lot d'angoisses qui l'accompagnent habituellement était totalement absent. L'idée même d'être angoissé n'était plus qu'un très lointain souvenir. »

Il n'y a pas ici de miracle. Je n'ai pas pris l'avion le lendemain :-) Seulement, je sentais que quelque chose avait bougé; que je faisais bonne route.

Alors j'ai continué mon travail jusqu'à ce qu'un jour je puisse me dire : tu peux aujourd'hui vivre paisiblement : tu peux aller faire les courses, prendre ta voiture... tu peux rester toute une journée dans une ville bouillante de bruits et de gens... tu sais aujourd'hui que la fatigue n'est pas signe d'un danger imminent... tu peux éprouver sereinement des sensations que tu pensais dangereuses.

Il n'y a pas de solution miracle mais il y a des bons outils. Je pourrais seulement conseiller d'aller le plus loin possible avec une technique, ne pas renoncer au premier échec, pour véritablement en sentir les bénéfices. Peu importe qu'il s'agisse de T.C.C., d'hypnose ou de médecine chinoise. Je pense que la guérison est plus un cheminement qu'une série de remèdes.

Aujourd'hui

Je peux dire qu'il m'est très difficile d'écrire ces lignes. Il est pour moi plus facile de répondre à vos messages que de parler de moi.

J'aimerais tant que ces quelques lignes puissent au moins donner un tout petit peu de réconfort : se rappeler que l'on peut en sortir. Car je sais à quel point on peut s'épuiser et perdre courage.

Je ne suis pas différent de vous, je ne suis pas du tout plus doué, mon cas n'était pas moins grave.

Il y a quelque part en vous un chemin, que s'il n'est pas confortable, n'en est pas moins le meilleur. Ce chemin, vous le touchez parfois, vous en ressentez la présence... mais noyé dans l'obscurité de votre souffrance, marchant à tâtons, vous n'arrivez pas à le trouver.

Ne vous est-il pas arrivé de ressentir quelque chose comme fondamentalement vrai... mais à force de théories et de réflexions, en perdre le sens ? Votre guérison est peut-être justement là.

Soyez bon avec vous-même, soyez juste et patient. Réconfortez, en vous, cet être si précieux, qui par les aléas de la vie est entré en souffrance. Il n'y a pas d'ennemi... et changer seulement de regard, vous permettra de véritablement le découvrir.

Personne ne pourra faire le chemin à votre place. Personne ne pourra trouver les mots si justes qu'ils provoqueront en vous une sorte de miracle. La guérison est en vous... en vous seulement. Restez à l'écoute de vous-même, ne vous perdez pas trop en techniques et en réflexions. Soyez vrai.

Ma fille est née, il y a à peine quelques semaines. J'espère pouvoir lui transmettre un tant soit peu les choses que l'agoraphobie m'a permis de découvrir : sur moi et sur vous.

Car j'ai appris que par la communication, par le langage, nous pouvons faire bien plus de bien que nous ne l'imaginons. Nous avons si peu confiance en l'autre, en nous, que nous en oublions que c'est à nous de faire le pas... que nous aurons beau attendre que tout se fasse par enchantement; c'est à nous seul de construire la vie que nous souhaitons.

Je voudrais finir sur cette phrase qui me sert souvent de signature :
« Le malheur est une chance spirituelle, un moment où le monde exprime sa vérité de façon éclatante, inévitable et douloureuse. » (David Brazier - Bouddhisme et Psychothérapie)

Avec mes sentiments les plus forts,


Anthony


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