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Le témoignage d'Alain

Je m'appelle Alain, j'ai 22 ans et suis en maîtrise de chimie-physique (plutôt, j'étais). Pour comprendre, lisez ces lignes.

Alors que je menais mes études de licence de chimie-physique, je sortais comme tout étudiant que ce soit avec ma copine ou avec mes amis. En même temps, je poursuivais mes études avec succès.

Puis, lors d'un cours en amphi en avril 2002, je me sens pris de vertiges incompréhensibles. Je sors alors de l'amphi, vais faire un tour dehors, essaye de vomir aux toilettes (j'avais des nausées en même temps). Puis, je retourne dans l'amphi. Malheuresement, ça ne faisait qu'empirer. Je décide alors avec la permission du professeur de quitter l'amphi pour rentrer chez moi. Curieusement, sur le chemin du retour, tout s'était arrêté. Je ne connaissais pas encore l'agoraphobie et je ne connaissais même pas ce mot. Je décide alors de consulter mon médecin traitant qui ne décèle rien d'anormal et il me dis juste de boire moins d'alcool. À ce moment-là, je pensais que ces vertiges étaient dus à l'alcool. Pourtant, après deux mois sans boire, les symptômes ne faisaient que s'aggraver. En plus des vertiges s'ajoutaient des nausées, palpitations, paresthésies, et perte de l'équilibre.

On est alors en juin ce qui signifie période d'examen. Je continue à travailler mais lors des examens en amphis, je subis pour chaque matière une attaque de panique avant de commencer. Il me faut alors perdre 15 ou 20mn pour reprendre le contrôle de moi-même, souffler et atténuer ces paniques. Mais malgré ces pertes de temps, je réussissais à me concentrer sur l'examen et j'ai eu la licence avec mention.

Vient ensuite l'été. Les symptômes s'aggravent encore. Je fais des recherches sur internet et découvre l'agoraphobie. J'en parle à mon médecin qui me préscrit un anti-dépresseur et des anxiolytiques. Les attaques de paniques ne cessent de se multiplier. Je consulte alors un psychiatre qui n'a rien fait d'autre qu'augmenter mon traitement. Chaque semaine j'allais le voir, et comme je ne faisais pas de progrès, cette personne doublait les doses de médicaments.

On est alors en octobre et aucun progrès en vue. Je décide d'abandonner les cours provisoirement après un entretien avec mes profs qui se sont montrés très compréhensifs. Ils pensaient plus à ma santé qu'à ma carrière universitaire et savaient trouver les mots dont j'avais besoin.

En février 2003, mon psy continuait toujours à augmenter mon traitement et toujours pas de progrès. On décide alors de me faire interner à l'hôpital psychiatrique. Le service du Pr.Tignol à Bordeaux est réputé pour être efficace pour ce qui est des phobies et des TOC. Mais quand j'y rentre, les internes s'arrachent les cheveux en voyant la liste de médicaments que je prenais. Selon eux, j'étais à deux doigts de l'intoxication. Arrive alors une période de sevrage où j'étais censé diminuer ma consommation en anxiolytiques, benzodiazéoines et somnifères. Cette période a été très dure et les attaques de panique continuaient. Puis, après quelques semaines, je me faisais à la vie hospitalière. L'angoisse diminuait, le nouveau traitement beaucoup plus léger parraissait efficace, et je commençais en même temps une TCC avec une infirmière.

Après 3 mois dans cet hôpital, je suis sorti beaucoup plus fort moralement. Cependant, à l'heure actuelle, je continue de fréquenter l'infirmière spécialisée en TCC chaque semaine, et mon psy officiel est devenu le chef de clinique de cet établissement. Je me suis senti durant cette période très bien encadré et je continue de l'être.

A l'heure où j'écris mon témoignage, je continue cette thérapie. La TCC s'avoue être une méthode incroyablement efficace surtout lorsqu'on est si bien encadré. Les progrès sont réels et je les constate chaque jour depuis ma sortie de l'hôpital. D'ailleurs, les médecins ont décidé de me diminuer les médicaments progressivement tout en continuant la TCC, pour pouvoir reprendre une vie "normale".

Je vais à présent vous parler de cette TCC proprement dite. Avec l'infirmière, nous avons dressé une liste hierarchisée des situations anxiogènes en quantifiant le niveau d'angoisse de 0 à 100 pour chacune de ces situations. Je me suis d'abord confronté aux moins angoissantes, puis lorsque l'habituation (désensibilisation) avait agie et que dans ma tête, ces situations paraîssaient bénines, je montais une marche pour m'attaquer à la situation suivante. Ainsi, je peux maintenant fréquenter une grande surface seul et bondée de monde sans aucune angoisse. Tout ça grâce à l'habituation (désensibilisation). C'est vrai que les premières fois ont été difficiles mais à force, je pensais inconsciemment "il n'y a aucune raison d'angoisser".

Aujourd'hui, il ne me reste que 3 étapes à franchir dans cette TCC : manger en public, prendre des transports en commun et assister à des cours magistraux en amphi. Le but: reprendre une activité normale et surtout reprendre les cours de maîtrise en septembre. Je suis motivé et je sais que cela va bien se passer. J'ai franchi tant d'étapes que les dernières ne me font plus peur.

Toutefois, il existe une règle d'or : éviter les surexpositions. Cela veux dire ne pas se surexposer à des situations angoissantes même si on s'en sent capable. J'en ai fait l'expérience et cela conduit à 50 pas en arrière. Bref je continue cette TCC, d'ailleurs ce soir j'ai mangé chez mes beaux-parents (je les appelle comme ça bien que je ne suis pas encore marié avec Estelle). Cela s'est très bien passé, sans aucune angoisse. Pour vous rappeler, manger en public était la 3ème situation la plus pénible. J'ai un peu appréhendé ce repas mais cette victoire me rend confiant et me pousse à recommencer l'expérience.

Enfin bref, voilà mon parcours : des vertiges inexpliqués, un psy qui me prescrivait 50 tonnes de médicaments, un séjour à l'hôpital avec psychothérapie et TCC, puis des progrès fulgurants :) Je ne doute pas que dès septembre, je serai apte à reprendre les cours. À ce propos, il faut que je discute avec un prof qui me propose une thèse pour diriger une équipe de chercheurs en chimie. C'est aguichant mais cela demande un énorme travail durant 3 ans. J'espère que ce témoignage aura été profitable.


Alain.


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